Sonitus Eco

Malte renferme plusieurs projets excitants en termes de musiques électroniques. On pense aux petites bombes de Hail Blk aka N.d qui a lancé son label vinyle l’an dernier ou au premier maxi plus atmosphérique du label Venetian Causeway. L’île compte aussi des producteurs confirmés et notre rencontre du jour fait partie de cette dernière catégorie.

Justin Meli aka Sonitus Eco a sorti un premier maxi sur le netlabel local Pinkpube en 2011 et a depuis distillé ses boucles hypnotiques sur d’autres labels internationaux, sur les catalogues ukrainien et canadien Subself Record et Silent Season notamment. Mais c’est bien à l’écume du large des côtes maltaises que le sound design de ses morceaux nous ramène. Sa musique invoque les grandes espaces et les pulsations nous font dériver sur le versant spirituel du dancefloor. Deep, au sens organique du terme.

On vous propose de se poser un peu avec Justin avant d’écouter le mix qu’il a enregistré pour nous.

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photo by eyefoto.xyz

Tu as découvert les musiques électroniques dans les années 1990 avec les premières raves maltaises et si l’on se fie à Discogs tu n’as sorti ton premier disque qu’en 2011. Ça t’as pris un moment de digérer tout ça avant de savoir comment l’utiliser à ta manière ?

Oui on peut dire que ça m’a pris un moment. Aussi, comme Malte est une petite île, ce n’est pas facile d’y trouver du matériel et de l’information sur la production musicale. Les frais d’envois n’arrangent pas les choses non plus. Mais la musique est quand même devenu un moyen de m’exprimer et je me suis lancé dans la production quand je me suis senti prêt, en 2011. J’organisais déjà quelques événements avec Pinkpube et c’était naturel pour moi de sortir mon premier EP sur cette plateforme.

On dirait que la scène techno est bien active sur l’île depuis une dizaine d’année, comment as-tu vu les choses évoluer ?

Aux premières heures de la techno à Malte les line-up étaient dingues. Il y avait vraiment beaucoup de monde qui venait aux soirées, plusieurs milliers de personnes, ce qui est beaucoup pour une île de 350 000 habîtants. Et puis pas mal de gros promoteurs ont commencé à attirer des Djs de house et de trance plus mainstream, à partir de là le public s’est divisé et la scène techno s’est recentrée autour de quelques centaines de personnes. Il y avait déjà des organisateurs qui proposaient des événements un peu plus obscures et underground, certains d’entre eux en organisent toujours aujourd’hui d’ailleurs, mais on a clairement vu une baisse de fréquentation.

Et puis depuis une dizaine d’années il y a une recrudescence d’artistes, toute une vague de producteurs locaux s’est mise à sortir sa musique sur le marché international. On voit plus de respect pour la techno underground. Les gens s’investissent et manifestent leur intérêt. Il se passe de plus en plus de choses en dehors des clubs, pas forcement des fêtes, mais des événements où les musiques techno et électroniques sont plus appréciées et discutées. Depuis deux ans il y a plus d’efforts pour proposer des choses de qualité ; des artistes programment leurs visuels, il y a des travaux de commissions, des performances. On voit vraiment un changement dans la mentalité des gens, sur la manière dont ils regardent la musique techno.

 

Est-ce que tu penses qu’il existe une forme de connexion entre la techno deep et hypnotique et les paysages côtiers? J’ai l’impression que, même si la techno vit de façon variée à Malte, ce sont les formes prédominantes. Et quand je pense à certain des meilleurs producteurs européens, je me rends compte que beaucoup d’entre eux vivent près de la mer ou sur une île. Le collectif Northen Electronic est basé à Stockholm, Neel et Donato Dozzy sur la côte ouest de l’Italie, Ness en Sardaigne…

Je pense que quelque part il y a une connexion oui, lié à un certain mode de vie, plus détente que dans des villes énormes. Quand tu apprécies ton environnement, ça peut se ressentir dans ta musique. En ce qui me concerne, la mer a une influence énorme sur ma musique. Je passe la plupart de mon temps à pêcher tout seul ou avec quelques amis dans des endroits reculés où tu ne fais qu’un avec ton environnement. Tu entends des sons uniques dans ces endroits, comme des échos de vagues qui s’écrasent par exemple. Même le silence y est unique.

De quelle performance à Malte est-ce que tu gardes le plus fort souvenir?

Je pense que ça remonte à 2011. On organisait des évènnements Pinkpube, on avait invité Demdike Stare et j’avais joué en live avant eux ; ce qui est déja plutôt mémorable. Plus tard dans la nuit la légende locale Brian James est venu me voir pour me demander si je serais tenter de jouer en live pour l’une de ses soirées Unfocused, qui ont aussi un statut de légende ici. Et puis c’est toujours un plaisir de jouer en live dans un Liquid Club (ndr : LE club de l’île en matière d’électronique, qui reçoit des artistes internationaux presque tous les mois) bondé.

Une vingtaine d’artistes maltais dont tu fais parti étaient réunis sur une compilation dont les bénéfices avaient été reversés aux victimes du Seïsme au Népal ; Malte a vu affluer énormément de réfugiés depuis 2011, est-ce que tu dirais que la communauté artistique locale se sent aussi concernée par ce phénomène?

Il y a parfois des mentalités réclusives sur une petite île, une grande partie de la population maltaise est effrayée par les changements auxquelles on est confrontée. Même si Malte est un petit endroit -l’un des plus peuplés sur terre, c’est un fait- on doit faire notre possible pour aider ces personnes qui cherchent refuge. La majorité de la communauté artistique maltaise est plutôt ouverte d’esprit et comprend ça, mais comme partout ailleurs la désinformation et l’ignorance engendre la haine. On sait pourtant tous combien le multicularisme est bénéfique à la musique.

Quelle est la suite pour toi au niveau musical?

En 2016 je vais enfin lancer mon label avec mon pote Antoni, ça s’apelle Haar Records. Je suis aussi entrain de finir un double album, avec un côté ambient et un côté techno, et je travaille sur quelques performances live.

Tracklist :

Deepbass – Formation, Splinter(UA) – Rectification
Antigone & François X – The Hated SZ
Abyssal Chaos & Artificial Ghost – 0z2ee0-0x3e7fzd1
Amandra – Arcamaya
Amandra – Drachme Tolosate
Berg-Jaar – 142
Birth of Frequency – Don’t Talk To me of Sense
Unknown Artist – 303.001
Deepbass – Tidal
Jeroen Search – Base Point
Eduardo De La Calle – Ranchor Will Cut The Mood
Jamaica Suk – Deep Meridian
Shlomo – The Rapture
Alfredo Mazzilli – Far From Everything
Amandra – Volques(Evigt Morker Edit)
HNS-X – Lnd Of Hits
Retina.it – Reflection In A Symmetric Space ( Acronym Remix)

Sonitus Eco et Haar Records sont sur facebook.

 

 

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